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 Message d'un militant kurde iranien condamné à mort demain

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Stygmate
Sexy Baywatcher
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Messages : 344
Date d'inscription : 06/08/2007

MessageSujet: Message d'un militant kurde iranien condamné à mort demain   Mar 10 Nov - 6:25

Citation :
Message d'Ehsan Fattahian militant kurde iranien "Je n'ai jamais eu peur
de la mort"



Message d'Ehsan Fattahian, prisonnier politique condamné à mort dont
l'exécution est prévue pour le 11 novembre 2009, publié par Militants des
droits Humains en Iran le 9 novembre :

Les dernières lueurs du soleil au crépuscule
Me montrent le chemin sur lequel écrire
Le bruits des feuilles sous mes pas
Me disent "Laisse toi tomber
et tu découvriras le chemin de la liberté"


Je n'ai jamais eu peur de la mort. Même maintenant, alors que je sens sa
présence étrange et honnête près de moi, je veux encore sentir son arôme
et la redécouvrir ; la mort est le plus ancien compagnon de cette terre.
Je ne veux pas parler de la mort, je veux poser les questions qui sont
derrière elle. Aujourd'hui, lorsque le châtiment est la réponse à ceux qui
cherchent la liberté et la justice, comment peut-on la craindre ? Ceux
d'entre "nous" qui ont été condamnés à mort par "eux" ne sont coupables
que de chercher l'ouverture vers un monde meilleur et plus juste. Est-ce
que "ils" sont aussi conscients de leurs actes ?

J'ai commencé ma vie dans la ville de Kermanshah, dont le nom est toujours
sur la langue de mes compatriotes pour sa grandeur, la ville dont on dit
qu'elle est le berceau de la civilisation. Alors que mes pensées se
développaient, j'ai pu voir et sentir l'injustice et la discrimination,
une injustice qui me touchait pas seulement en tant qu'individu mais en
tant que membre du genre humain. Je suis partis dans des milliers de
directions différentes pour trouver les raisons de l'injustice. Hélas, ils
avaient tellement fermé les perspectives pour ceux qui cherchaient la
justice que je n'ai pu y trouver ma voix. J'ai migré vers un autre
horizon, hors des limites superficielles, pour trouver les réponses à mes
questions. Je suis devenu un membre de Komalah (1) pour trouver mon
identité volée. Pourtant, je ne me suis jamais séparé de ma première
maison et j'y retournais par moments pour renouveler mes souvenirs. Et
ensuite, un jour, ils m'y ont trouvé lors d'une de mes visites, m'ont
arrêté et m'ont mis dans une cage. Dès le premier jour, l'accueil que
m'ont réservé mes geôliers m'a convaincu que mon destin serait similaire à
ceux qui ont marché avant moi le long de cette route : torture,
accusations fabriquées, tribunal biaisé, un verdict injuste et motivé
politiquement et finalement la mort.


Laissez moi m'exprimer sur cette route : après avoir été arrêté le 20
juillet 2008 à Kamyaran, j'ai été emmené au bureau local du ministère des
renseignements. Quelques heures plus tard, j'avais les yeux bandés et
étais enchaîné et ne pouvais plus ni voir ni bouger, une personne, qui
s'est présentée elle-même comme secrétaire du procureur, a commencé à
m'interroger. Ses questions étaient hors sujet et pleines d'accusations
(laissez moi vous rappeler qu'il est strictement contraire à la loi
d'interroger les gens ailleurs que das les cours et les tribunaux). Ce fut
la première des nombreuses sessions d'interrogatoires auxquelles j'ai dû
faire face. La même nuit, je fus emmené au siège provincial du ministère
des renseignements à Sanandaj où m'attendait une vraie fête : une cellule
sale avec des toilettes répugnantes. Les couvertures n'avaient pas été
lavées depuis des années.



Ce fut le début de trois mois de montées et de descentes d'escaliers de
ma cellule à la salle d'interrogatoire, où à chaque fois j'étais battu le
long du parcours. Les honorables enquêteurs étaient tellement désireux
d'obtenir une promotion ou de gagner un peu plus d'argent qu'ils m'ont
accusé de toutes sortes de choses bizarres, même des accusations qu'ils
savaient fausses. Ils ont utilisé tous les moyens en leur pouvoir pour
prouver que j'avais participé à des opérations armées. A la fin, ils ont
simplement pu prouver que j'avais été membre de Komalah et que j'avais
participé à des activités de propagande contre le régime. La condamnation
à dix ans de prison lors du procès initial est une bonne preuve qu'ils
'avaient qu'une seule accusation.



La 1er branche du Tribunal Révolutionnaire de Sanandaj m'a condamné à 10
ans de prison, qui devaient se dérouler à la prison Ramhormoz, hors du
Kurdistan. L'establishment politique et administratif en Iran a toujours
été favorable à des politiques centralisée, mais, apparement, dans mon
cas, ils avaient décidé l'inverse ! Récemment, des cours d'appel
provinciales sont devenues l'autorité judiciaire pour décider dans les
dossiers relevant de prisonniers politiques, y compris dans les cas de
peines de mort. Les cas de peines capitales étaient de la juridiction de
la cour suprême. Aussi, le procureur de Kamayran a fait appel du jugement
initial et, de façon surprenante et contre la loi iranienne, la 4ème
branche de la cour d'appel du Kurdistan a transformé les 10 ans de prison
en condamnation à mort. Selon l'article 258 du code pénal iranien, les
cours d'appel ne peuvent décider d'une peine plus lourde que si la
condamnation initiale est inférieure à la peine minimale stipulée par la
loi.


L'acte d'accusation présentée par le procureur stipulait l'accusation de
Moharebeh (ennemi de Dieu). La peine minimale dans des cas similaires est
d'un an de prison. Maintenant, jugez par vous-mêmes et comparez la peine
de 10 ans de prison (en exil) avec le minimum requis par la loi, et voyez
combien la condamnation à mort est illégale, contraire à la loi et
politique.

Laissez moi ajouter que, peu avant que ma peine fut transformée en
condamnation à mort, j'ai été emmené de la prison de Sanandaj au centre de
détention du ministère du renseignement, où on m'a demandé de faire de
faux aveux devant une caméra, de montrer des remords pour des actes que je
n'avais pas commis et de rejeter mes convictions. Je n'ai pas répondu à
leurs demandes illégitimes, alors on m'a dit que ma peine de prison serait
transformée en condamnation à mort. Ils ont été rapides à tenir leur
promesse et ils m'ont prouvé à quel point les tribunaux acceptent toujours
les demandes des services de renseignement et des autorités
non-judiciaires. Comment peut-on dès lors critiquer les tribunaux ?

Tous les juges ont prêté serment de rester impartiaux en tout temps et en
toute circonstance, de juger selon la loi et rien que la loi. Combien de
juges de ce pays peuvent dire qu'ils n'ont pas brisé leur serment et
qu'ils sont restés équitables et impartiaux ? Selon moi, ils peuvent se
compter sur les doigts de la main. Lorsque l'ensemble du système
judiciaire en Iran ordonne des arrestations, des procès, des peines de
prison et des condamnations à mort au moindre geste de la main d'un
enquêteur sans éducation, que peut-on attendre de quelques juges de
seconde zone dans une province qui a toujours subi la discrimination ?
Oui, selon moi, ce sont les fondations de la maison qui sont en ruines.

La dernière fois que j'ai rencontré en prison le procureur qui avait
ordonné la première peine, il a reconnu que la peine était illégale.
Pourtant, pour la deuxième fois, il a été décidé que mon exécution devait
avoir lieu. Cela va sans dire que l'insistance d'appliquer la peine à
n'importe quel prix est le résultat de pressions exercées par les groupes
politiques et des renseignements au sein de l'appareil judiciaire. Les
gens qui font partis de ces groupes ne voient la question de la vie ou de
la mort d'un prisonnier que sur la base de leurs propres intérêts
politiques et financiers. Ils ne voient que leurs propres objectifs
illégitimes, même lorsque c'est la question du droit d'un prisonnier à la
vie, le plus fondamental des droits humains. Qu'il est inutile d'attendre
d'eux qu'ils respectent les traités internationaux alors qu'ils ne
respectent même pas leurs propres lois !

Dernier mot : si les dirigeants et les oppresseurs pensent qu'avec ma
mort, la question kurde va disparaître, ils se trompent. Ma mort et la
mort de milliers d'autre comme moi ne guérira pas la douleur, ils ne
feront qu'ajouter des flammes à son feu. Il n'y a aucun doute que chaque
mort est le début d'une nouvelle vie.

Ehsan Fattahian, Prison Centrale de Sanandaj

(1) Komalah est une organisation kurde qui se définit comme marxiste, voir
le site de Komalah.

http://www.komalah.org/


http://www.komalah.org/english/index.htm
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